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28 juin 2010

De ZEP en RSS et enfin en CLAIR : la fin de l’éducation prioritaire

Vendredi 25 juin, Luc Chatel a présenté le nouveau dispositif CLAIR (Collège et Lycée pour l’Ambition, l’Innovation et la Réussite).

Il a annoncé son objectif de remplacer les réseaux d’éducation prioritaire (RAR et RRS) par les établissements CLAIR.


En Haute-Saône, le passage des ZEP/REP au dispositif RSS/RAR a vu un resserrement important du nombre d’écoles concernées par l’éducation prioritaire, cela alors qu’aucune évolution au niveau des quartiers ne le justifiait.

Il n’y a aucune école de notre département dans le dispositif RAR.

On peut donc craindre qu’une nouvelle concentration de ce qui reste de l’éducation prioritaire dans les CLAIR ne dépouille encore plus notre département.


Recadrée à la baisse en 2006, abandonnée au libre jeu de la déréglementation de la carte scolaire, l’éducation prioritaire ne semble pas une priorité de l’action gouvernementale.

Le dispositif CLAIR lancé par Luc Chatel, qui n’a pas été mis en débat, interroge. S’agit-il d’un soutien, d’un recadrage ou d’une mise à mal ?

Compte tenu du profil des enseignants en zep, le coût pourrait aussi bien être inférieur de 10% à celui des autres établissements !

C’est dire que l’éducation prioritaire… ne l’est peut-être plus.

Créée par la gauche en 1981, l’éducation prioritaire a été redessinée par G. de Robien en 2006. Il a distingué à l’intérieur des ZEP, les "réseaux ambition réussite" (RAR), dotés de moyens supplémentaires, des "réseaux de réussite scolaire" (RRS).
Il a ainsi amorcé une concentration des moyens.
Aujourd’hui les RAR représentent 4% des collèges et 3% des écoles, les RRS 15% et 10%.

Une étude de la DEPP en 2009 montre que "trois quarts des élèves des collèges RAR sont issus des catégories sociales défavorisées et un tiers a un fort retard scolaire en début de sixième".

"Ces collégiens maîtrisent moins bien les compétences de base, en sixième comme en troisième. Leurs résultats au brevet sont, en moyenne, plus faibles que dans les collèges situés hors éducation prioritaire."

Déjà l’appréciation des moyens était mise en accusation.

Si " les collèges RAR se sont vus attribuer près de 23% d’heures d’enseignement par élève en plus par rapport aux autres collèges", concrètement sur le terrain cela se traduisait par 4 collégiens de moins par classe.
Aujourd’hui on estime que les classes RAR ont 2 élèves de moins que les autres. Un effort insuffisant si l’on en croit l’étude déjà ancienne de T Piketty. Il avait pu calculer qu"une réduction de la taille des classes a un effet sur les résultats scolaires à condition qu’elle soit forte. "

La légère politique de ciblage des moyens actuellement en vigueur en ZEP (taille moyenne des classes de 21,9 en zep contre 23,3 hors zep) permet de réduire d’environ 10% l’écart de réussite.
Cet écart pourrait être réduit de 40% si l’on mettait en place un ciblage fort avec une taille de classe moyenne de 18 en Zep et 24,2 hors zep".

La création des nouveaux réseaux CLAIR peut aussi bien permettre de diminuer fortement le nombre d’établissement prioritaires et de diminuer encore l’effort national.

Que deviennent les écoles ?

Alors que la Cour des Comptes et de nombreux experts estiment qu’il faut mettre la priorité sur la maternelle et l’école, les réseaux CLAIR parlent des " collège et lycée pour l’ambition, l’innovation et la réussite".

On ne sait pas trop dans cette perspective ce que deviennent les écoles mais on peut déjà dire qu’elles ne sont pas mises au cœur de l’effort.

Quelle conception de l’éducation prioritaire ?

Mais la plus forte réserve tient à la genèse même de ce programme. Alors que l’éducation prioritaire était née d’une volonté de lutter contre les déterminismes sociaux, le programme CLAIR est le fruit des Etats généraux de la sécurité de l’Ecole.

Il a été imaginé pour lutter contre l’absentéisme et la violence scolaire. D’où l’entrée des lycées dans le dispositif.
D’où aussi des objectifs très différents des réseaux RAR et RRS.

C’est bien là où il y a la rupture la plus profonde et la plus inquiétante avec le projet de l’Ecole républicaine.


Bernadette Groison, secrétaire générale de la FSU :

« mon premier sentiment c’est la surprise.
Déjà aux Etats généraux de la sécurité de l’Ecole (EGSE) l’annonce du réseau CLAIR a été une surprise.
Depuis on n’en a jamais discuté avec le ministre.
Si les réseaux CLAIR se substituent aux réseaux d’éducation prioritaire c’est une vraie question car il n’y a eu aucun bilan pour voir où sont les points forts et les points faibles et ensuite réfléchir aux améliorations. Substituer comme cela sans ce débat c’est une erreur.

La FSU est hostile au principe des postes à profil.

L’autonomie sans une vue globale, sans appel à des objectifs communs, c’est un mauvais départ.

Penser qu’il suffise de recruter des postes à profil pour créer une dynamique c’est une erreur.
C’est enfermer les établissements dans des logiques spécifiques, les lier à certains projets et ça ne permet pas une vue globale qui permettrait de mieux traiter la difficulté scolaire.

Une réelle dynamique pédagogique se crée avec l’impulsion d’une politique nationale qui peut ensuite se décliner au local.
C’est l’idée des zep.
Ce qui manque dans les réseaux CLAIR c’est cette impulsion. Il n’y a pas d’orientation. Chatel dit que le local va gérer mais où est la réflexion ? »

Plus que réorientation idéologique, elle estime que « le ministre est dans la logique de la loi de 2005. Il pense que tout repose sur les individus, qu’ils sont responsables aussi bien les enseignants que les jeunes. Le gouvernement est sur une priorité celle de la responsabilisation individuelle ». Enfin se pos ela question des moyens. « Aujourd’hui alors que le gouvernement réclame 40 milliards d’économie on sait bien que s’ils peuvent au passage récupérer quelques postes, ils le feront. Donc nous sommes inquiets devant ces mesures ».

 

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