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25 juillet 2010

Mettre les élèves à l’écart pour les "réinsérer" ! ? : Chatel crée les "d’établissements de réinsertion scolaire"

Le ministère ouvrira courant 2010-2011 "une dizaine" "d’établissements de réinsertion scolaire" (ERS) destinés à accueillir des élèves de 13 à 16 ans "perturbateurs".

Article paru sur le site du Café Pédagogique : cliquer ici.

Appeler "établissements de réinsertion scolaire" des structures qui visent en réalité la mise à l’écart de l’école n’est pas le moindre paradoxe des ERS. Ces internats d’une trentaine d’élèves maximum répondent à une commande de Nicolas Sarkozy.

Le 24 mars 2010 il avait demandé que "les jeunes qui ne peuvent pas suivre une scolarité normale (soient) placés dans des établissements adaptés où ils ne perturberont plus la vie des autres et où ils feront l’objet d’un accompagnement spécifique".

" Les établissements de réinsertion scolaire s’adressent à des élèves perturbateurs scolarisés dans le second degré, qui ont fait l’objet de multiples exclusions, âgés de 13 à 16 ans, issus des classes de 5ème, 4ème et 3ème, qui ne relèvent ni de l’enseignement spécialisé et adapté, ni d’un placement dans le cadre pénal au sens des dispositions de l’ordonnance du 2 février 1945 relative à l’enfance délinquante", précise une circulaire publiée au B.O. du 15 juillet.

En fait, les jeunes seront placés pour au moins un an.
Leur affectation sera décidée "par l’inspecteur d’académie, directeur des services départementaux de l’Éducation nationale…

Il est nécessaire que l’accord du jeune et de sa famille ou du responsable légal soit mentionné dans le dossier.

Si cet accord ne peut être obtenu, une saisine du procureur peut être engagée par l’inspecteur d’académie, directeur des services départementaux de l’Éducation nationale, afin que puisse être étudiée l’opportunité de prononcer un placement en ERS au titre de mesure d’assistance éducative", note le B.O.

Etablissements scolaires ou pénitentiaires ?

Les ERS sont officiellement des établissements scolaires mais ils sont obligatoirement à l’écart des vrais établissements scolaires et on a vu que leur mode d’affectation peut relever d’une décision obligatoire.

Leur personnel comprend des agents de la PJJ.
Ils bénéficient d’un emploi du temps spécifique : cours le matin et sport l’après-midi. Surtout la circulaire s’étend sur "la stricte discipline". " Tant pendant les heures de cours que hors les temps de classe", dit le B.O., "il est exigé des élèves une attitude marquée par la civilité et le respect envers leurs camarades et les adultes.

Toute activité, tout apprentissage est l’occasion de rappeler les règles et la nécessité d’y obéir".

Officiellement le projet pédagogique et éducatif "s’inscrit dans le cadre des contenus de formation du collège, auxquels il apporte les aménagements utiles compte tenu de la situation des élèves, pour répondre principalement à quatre objectifs : l’acquisition du socle commun de connaissances et de compétences, l’appropriation des règles du vivre ensemble, la définition d’un projet de formation ainsi que l’implication des familles."

Mais on voit mal comment le socle commun peut être sérieusement préparé dans un cadre pareil.

Naïveté et contrainte.

On est surpris de la naïveté du programme pédagogique des ERS qui prétend imposer le respect et faire apprendre dans un internat imposé.

Tout enseignant sait bien que le respect se construit, il n’est pas du, et qu’on peut apprendre la contrainte, voire la soumission, mais pas apprendre par la contrainte.

Mais on est aussi surpris du positionnement de ces ERS par rapport aux classes relais.
Celles-ci obtiennent des résultats tout à fait intéressants justement parce qu’elles préparent réellement la réinsertion.
On peut citer en exemple, le dispositif relais de Brest où M Argoualc’h transforme les élèves en formateurs informatique pour travailler leur rapport au monde scolaire.

Les ERS avec leur caractère semi clos, un dispositif où on voit bien que l’enseignement est secondaire face aux exigences comportementales risque plutôt d’accélérer la marginalisation des jeunes parqués dans des structures qui préparent plutôt à l’enfermement. Définitif ?

 

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