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11 janvier 2012

Collège à deux vitesses : utiliser les symptômes qui servent d’arguments pour cliver un peu plus une société minée par les inégalités.

Ci-dessous l’éditorial de Monique Royer à voir sur le site du Café Pédagogique

Les ignorants ne sont pas ceux que l’on croit

« Alors comme cela le collège unique est fichu, inutile puisque de toute façon les ignorants y perdent leur temps ».
« Ben oui, il faudra bien finir par admettre que, comment dire, certains élèves ne sont pas faits pour apprendre des choses compliquées et que mieux vaut qu’ils se lancent rapidement dans la voie professionnelle plutôt qu’ils perdent leur temps. Et puis après tout appelons un chat un chat, nous ne sommes pas tous égaux ni par la naissance, ni par le cerveau.
Tiens prenons un gamin qui vit avec ses quatre frères et sœurs élevés par leur seule mère, caissière, au quatrième étage du bâtiment « Bizet » de la Cité des Musiciens, comment veux-tu qu’il réussisse à l’école.
Je suis certain que si on l’interrogeait, il dirait qu’il aimerait être mécanicien ou plombier, et pour ça, le théorème de Pythagore ou Candide il n’en a pas besoin. » Dialogue imaginaire, quoique…

Pour les tenants de cette orientation précoce, la vie est simple.
Il y a d’un côté les métiers manuels ou tertiaires mais basiques qui s’apprennent sur le terrain et de l’autre des métiers intellectuels qui s’apprennent à l’école, une référence, encore, à un temps ancien où le travail en usine se résumait à une répétition des tâches. Et encore, ce temps a-t-il vraiment existé ?
Dans le secteur industriel, nombre de progrès ont été réalisés sur la base de biais, d’astuces trouvés par les ouvriers eux-mêmes pour améliorer leur travail.
Aujourd’hui, être électricien, garagiste ou encore boulanger, c’est travailler avec la complexité des techniques, de l’organisation, des normes.
Pour être agriculteur, il ne suffit pas, et c’est déjà beaucoup, de savoir comment gérer sa récolte, son bétail. Il faut maîtriser la comptabilité, l’informatique, connaître la réglementation, déterminer une stratégie commerciale.
La complexité n’est pas l’apanage des métiers épinglés hautement qualifiés.

De telles propositions relèvent du cynisme ou de l’ignorance et peut-être des deux.
Combien d’adultes se retrouvent aujourd’hui sur le carreau parce qu’ils ne maîtrisent pas un minimum de compétences clés ?
Selon le cadre européen de référence, ces compétences regroupent non seulement la communication et les mathématiques mais aussi les sciences et technologie, la communication dans une langue étrangère, la culture numérique ; l’apprendre à apprendre, les compétences interpersonnelles, l’esprit d’entreprise et la sensibilité culturelle. Le référentiel est ambitieux mais donne la mesure des savoirs à acquérir pour se bâtir un avenir.

Encore une fois, plutôt que de s’attaquer aux causes du problème, de s’atteler à trouver des solutions pour une école inclusive, à valoriser des initiatives réussies, ce sont les symptômes qui servent d’arguments pour cliver un peu plus une société minée par les inégalités.

Coupons la jambe dont le genou flagelle, et regardons ailleurs.

Monique Royer

 

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