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28 mars 2014

Climat scolaire : "Laissez-nous tranquilles !"

Article paru sur le site du Café Pédagogique

"Laissez-nous tranquilles !" C’était la conclusion qu’on aurait pu tirer de la publication en septembre 2012 par Eric Debarbieux et Georges Fotinos, d’une enquête de victimation auprès des enseignants du premier degré.

Elle montre que la question de la violence scolaire pose aussi celle du fonctionnement du système éducatif, de sa violence institutionnelle et de ses valeurs.

 

Ainsi, 81% des enseignants critiquaient de façon virulente la hiérarchie. " Arrêter les injonctions des IEN, de nous faire remplir mille et une évaluations nouvelles et sans intérêt. J’ai l’impression que les gouvernants veulent que nous soyons de simples exécutants, tous les mois voire semaine une nouvelle circulaire pour remplir un nouveau document évaluation (sans nous concerter) tombe et doit être rempli pour la veille et donc ils nous étouffent par des charges de travaux supplémentaires", écrit l’une. " Cesser les enquêtes multiples sur tout et n’importe quoi, les paperasseries en x exemplaires (ou alors fournir des documents électroniques pour ne pas être obligé de remplir A LA MAIN tous ces tableaux, bilans, comptes-rendus (PPRE, Aide perso, Bilan de PPRE, Projet d’école, Bilan de projet d’école...), cesser aussi ces évaluations qui nous empêchent d’avancer et dont les résultats au final dépriment les élèves parce que passées trop tôt", affirme une autre.

 

80% des enseignants dénonçaient le malaise social vécu par les enseignants. " Les enseignants se sentent déconsidérés socialement, rabattus sur une image de profiteurs et de fainéants qui les laissent déconcertés quant aux possibilités de luttes classiques". " On ne parle de nous que sur des aspects négatifs : l’absentéisme, les grèves, les mauvais résultats aux enquêtes PISA, les fausses "réformes" (ex : le ministre qui prône le retour du calcul mental à l’école alors qu’on le pratique tous....). Cela ne facilite pas notre autorité face aux parents voire aux enfants qui entendent ce discours à la maison". Ces attentes passent avant la demande en moyens. " "L’impression de ne pas être écouté, d’être dirigé de manière bureaucratique, non respectueuse, domine", concluait le rapport. "La manière de réformer est en question : programmes, rythmes, intégration, évaluation, « outils de pilotage » et « paperasse » apparaissent sans lien avec le réel et le possible. La relation avec les parents est très problématique, attirant chez une minorité un souhait de sanctions et d’exclusions et chez la majorité une proposition d’aide, d’éducation parentale, de partenariat. Les demandes d’aide tournent beaucoup autour des élèves difficiles et des élèves en difficulté et particulièrement en cas de troubles du comportement".

 

En 2012 les préconisations d’E Debarbieux et G Fotinos allaient nettement vers une réforme de la gouvernance. "Il est temps d’accorder aux enseignants une véritable autonomie de l’école accompagnée des moyens de fonctionnement nécessaires", notait E Debarbieux." Il faut supprimer l’aide personnalisée vomie par le personnel. Repenser les évaluations nationales. Donner du temps aux équipes pour qu’elles puissent fonctionner. Il faut "un autre modèle de relations humaines... Le modèle pyramidal a vécu. Il est même considéré par les personnels des écoles comme une « violence institutionnelle... ». "La réflexion doit donc progresser sur l’équilibre entre une autonomie réelle et un pilotage raisonnable et non bureaucratique de cette autonomie dans un cadre national. Le statut des directeurs, et leur mode de nomination, le rôle de coordination des IEN, la remise à plat des pratiques et des finalités de l’inspection pédagogique, l’importance de la recherche et de l’innovation pédagogiques dans les pratiques de classes sont des débats à mener sans a priori".

 

Deux ans plus tard, le modèle pyramidal semble avoir bien résisté. Lutter contre la violence scolaire c’est défendre un type de relations humaines et de fonctionnement social. Un modèle démocratique qui se heurte à la réalité du système éducatif. La culture du système peine à être ébranlée. "Changer les choses ne sera pas simple" avait prédit Eric Debarbieux... 

 

François Jarraud

 

Le rapport

 

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