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30 août 2015

Salaire : Les syndicats du primaire ont-ils raison de faire pression ?

Article paru sur le site du Café Pédagogique

"L’ISAE à 1200 euros c’est maintenant".
Le Snuipp monte à nouveau au créneau sur la revalorisation salariale. Il "exige de la ministre qu’elle tienne ses engagements en triplant le montant de l’ISAE". Christian Chevalier , secrétaire général du Se-Unsa, appuie la démarche estimant "inacceptable" tout report de l’augmentation de l’ISAE.
Qu’est ce qui pousse ces syndicats à monter ainsi au créneau ? Les enseignants du primaire sont ils vraiment en droit de demander une augmentation ?

Aujourd’hui l’écart est important entre l’ISAE, perçue par les enseignants du premier degré, qui représente 400 euros annuels, et la prime des enseignants du second degré, l’ISOE qui correspond à 1200 €. Lors de sa conférence de presse de rentrée le 25 août, la ministre a confirmé son intention de relever l’ISAE pour la mettre au niveau de l’ISOE. Mais en même temps elle a déclaré que la revalorisation salariale serait le grand projet du prochain quinquennat. "

La montée des revendications salariales chez les enseignants du premier degré ont plusieurs causes.
Elles résultent d’abord du blocage depuis 5 ans du point Fonction publique alors que les charges augmentent. En clair, les enseignants voient leur salaire net diminuer régulièrement. Ainsi, le salaire net d’un PE en début de carrière est passé de 1649 € en 2013 à 1634 en 2015. En fin de carrière en classe normale, il est passé de 2512 € à 2489. "Je ne regarde même plus ma feuille de paie", me confiait il y a peu une professeure des écoles. "Ca me sape le moral".

Une perte de pouvoir d’achat accélérée

Si le salaire en euros diminue, il baisse encore plus vite exprimé en euros constants, c’est à dire en pouvoir d’achat. Selon l’Insee, les salaires des fonctionnaires ont diminué de 0,7% en 2013. Mais chez les enseignants la baisse a été trois fois plus rapide que chez les autres fonctionnaires : -0,4 pour les non enseignants, - 1,1% pour les enseignants. Cela s’explique par le fait que des primes amenuisent le choc du blocage salarial dans les autres ministères.

Les enseignants du premier degré ressentent aussi fortement les écarts avec le second degré, alors que le niveau de recrutement est devenu le même (un master 2). On a vu que l’ISAE ne représnete qu’un tiers de l’ISOE perçue dans le second degré. Les enseignants du second degré ont aussi la possibilité de faire des heures supplémentaires. Résultat le salaire moyen mensuel est de 2216 € dans le premier degré et de 2565 € dans le second. Les perspectives de carrière sont aussi bien différentes, l’accès à la hors classe reste minoritaire dans le premier degré.

Les inégalités avec le secondaire

En septembre 2014 l’OCDE s’était étonné des écarts entre primaire et secondaire en France. L’Organisation relevait par exemple que la situation salariale des enseignants du second degré se rapprochait de la moyenne OCDE ce qui n’était pas le cas pour le premier degré.
"Ainsi, le salaire des enseignants en poste dans l’enseignement primaire représente, en France, 72 % du salaire d’autres actifs occupés diplômés de l’enseignement tertiaire âgés de 25 à 64 ans et travaillant à temps plein toute l’année (contre 85 % en moyenne OCDE). Ce pourcentage du revenu de référence représente en France 86 % dans le premier cycle de l’enseignement secondaire (contre 88 % en moyenne OCDE) et 95 % dans le deuxième cycle de l’enseignement secondaire (contre 92 % en moyenne OCDE)", notait l’OCDE.
Le système éducatif décourage donc les enseignants d’exercer là où leur savoir faire est le plus utile : sur l’enseignement obligatoire, à l’école et au collège. Pour trouver un niveau de rémunération normal ils doivent viser plus haut.

Un salaire inférieur à celui des autres pays

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Les syndicats mettent aussi l’accent sur les écarts de rémunération avec les autres pays.
Exprimé en euros, 14 pays européens versent un salaire de débutant supérieur au salaire français. Alors que le salaire moyen annuel du professeur des écoles est de 24 724 €, on, est à 42 891 en Allemagne, 25123 en Angleterre ; 27 754 en Espagne, 30 335 en Belgique, 32 225 aux Pays Bas, 48 360 en Norvège, 31 699 en Finlande, selon Eurostat. I atteint même 70 450 € au Luxembourg. Exprimé par rapport au PIB national ce n’est pas mieux. Le salaire du professeur des écoles français débutant représente 79% du PIB national. Or chez la plupart de nos voisins, il est supérieur au PIB. C’est le cas en Allemagne (126%), en Angleterre (100%), en Espagne (124%) ou au Portugal (138%).

Gagner moins, travailler plus...

Pour autant les enseignants français sont aussi ceux qui travaillent le plus.
Selon l’OCDE, "il n’y a qu’en France, en Grèce, en Indonésie, en Israël, en République tchèque et en Turquie que les enseignants donnent au moins 30 % d’heures de cours de plus par an dans l’enseignement primaire que dans le premier cycle de l’enseignement secondaire.
Ainsi, en France, les enseignants du primaire sont, en moyenne et par an, 924 heures devant les élèves, soit 142 heures de plus que la moyenne de l’OCDE, qui s’établit à 782 heures".
La France est aussi mal placée dans le nombre d’élèves par clase au primaire : 22.8 élèves en France contre 21.4 dans l’OCDE. Le Royaume Uni et le Japon sont les seuls grands pays développés à avoir davantage d’élèves par classe que laFrance. Dans la majorité des pays européens on en compte 17 à 19. De plus l’évolution en France est au bourrage des classes alors qu’on observe le contraire dans la plupart des pays de l’OCDE.

Les conséquences de cette situation salariale se font déjà sentir dans l’Education nationale. Le minsitère a de plus en plus de mal à recruter y compris maintenant au primaire. En 2015, 283 postes n’ont pas été couverts. En 2014 il n’y en avait que 20.

Le déclassement des professeurs des écoles

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Les enseignants du primaire ont le sentiment d’un déclassement de leur métier.
Ce déclassement existe -il aussi en terme salarial alors que la masterisation devrait hisser vers le haut les revenus des professeurs des écoles par rapport aux anciens instituteurs ? C’est ce que pense Bruno Suchaut.
Comparant la carrière d’une institutrice et d’une professeure des écoles i arrive à une conclusion stupéfiante.

D’après le calcul de Bruno Suchaut, la professeure des écoles ne commence à accumuler des gains supérieurs que ceux de l’institutrice qu’à partir de 64 ans, c’est à dire bien tard.<

L’institutrice avait commencé à gagner sa vie beaucoup plus tôt que les futurs enseignants actuels devant faire un bac +5.

Par conséquent, la revalorisation des enseignants du primaire n’est pas justifiée que par rapport à la perte de pouvoir d’achat, aux inégalités avec les enseignants du secondaire ou des autre spays. Elle l’est aussi par un réel déclassement d’une génération l’autre.

Article paru sur le site du Café Pédagogique

 

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