www.snuipp.fr

SNUipp-FSU 70 - Haute-Saône

Recherche par thème :

Navigation

Thèmes abordés

Recherche par thème :

Vous êtes actuellement : Carte scolaire  / Carte scolaire rentrée 2017 

fontsizeup fontsizedown impression s'abonner  à la rubrique {}
23 juin 2017

Annonces du ministre : semaine de 4 jours, CP à 12 et autonomie des établissements
La déclaration du SNUipp-FSU 70


Télécharger le document "Donnons à l’école les moiyens de ses ambitions" distribué par le SNUipp-FSU 70 aux membres du CDEN avant la réunion : cliquer ici

Télécharger la déclaration préalable du SNUipp-FSU 70 au format pdf : cliquer ici


Déclaration préalable du SNUipp-FSU 70
au Conseil Départemental de l’Education Nationale
de la Haute-Saône du 22 juin 2017

Madame la Préfète, madame la Directrice Académique,
Mesdames et Messieurs du Conseil Départemental

Nous avons un nouveau ministre de l’Éducation.
Il n’est pas un inconnu. Nous n’oublions pas qu’il a été partie prenante de la politique du président Sarkozy avec, entre autres, la suppression de la formation des maîtres, la suppression des réseaux d’aide aux élèves en difficulté, la suppression massive d’emplois dans la fonction publique et particulièrement, dans l’éducation nationale, la tentative d’évaluer la valeur professionnelle des enseignants à partir des résultats des élèves, la proposition de détecter les enfants "à risque" ou "à haut risque" pour les apprentissages dès la maternelle…

Qui dit nouveau ministre, dit nouvelles mesures… Pour une nouvelle école ? Rien n’est moins sûr.

Revenons sur trois des mesures annoncées :

La première d’entre elles est la possibilité pour les écoles de revenir à la semaine de 4 jours.

Rappelons que la réforme Peillon a été imposée de force à une profession et à des parents d’élèves qui n’en voulaient pas.
Rappelons les grèves massives des enseignants du premier degré contre cette réforme avec 80% de grévistes en Haute-Saône, avec une manifestation historique dans les rues de Vesoul lors d’une des nombreuses actions menées par le SNUipp-FSU 70.
Rappelons aussi nos innombrables interventions pour dénoncer cette réforme et les conditions dans lesquelles elle a été imposée à l’école. Rappelons également le sondage qui montrait le rejet important de cette réforme par les parents d’élèves de Haute-Saône.
Rappelons, encore ici, dans l’enceinte de ce CDEN, combien les représentants de la FSU ont été les seuls à porter la voix des enseignants et des parents contre cette mauvaise réforme des rythmes scolaires.
Et rappelons, pour finir, l’absence d’écoute et l’autoritarisme du ministre qui l’a imposée et de ceux qui à sa suite l’ont défendue ou la défendent encore en dépit de l’évidence de son échec.

D’ailleurs nous ne devrions pas dire « réforme des rythmes scolaires » mais « réforme du périscolaire », réforme qui a subordonné le fonctionnement de l’école aux contraintes organisationnelles locales du périscolaire.
La promesse de l’avantage présumé d’avoir cinq matinées d’école ne s’est pas réalisée. Malgré tout ce qu’a pu dire la propagande ministérielle, cette réforme n’a eu aucun effet positif concernant la réussite scolaire des élèves. Les enseignants et les parents témoignent, en grand nombre, d’élèves beaucoup plus fatigués. Dans le cadre d’un retour possible à la semaine de quatre jours, des enquêtes sont réalisées, en ce moment, dans notre département, à l’initiative de parents élus : la réponse des familles est sans appel. Le plus souvent, ce sont trois quarts des parents ou plus qui demandent le retour à la semaine des quatre jours.

Il nous faut dire aussi que cette réforme a explosé l’école de la République : confusion du temps école et du temps périscolaire, horaires morcelés et différents d’une école à l’autre, parfois à l’intérieur même d’une école.
Ce qui pose d’importants problèmes pour l’organisation de la formation continue des maîtres, pour l’organisation des services partagés des enseignants et pour l’organisation des concertations et du travail d’équipe dans l’école elle-même.

Comment a-t-on pu imaginer qu’en permettant à chaque école d’avoir des horaires différents, on améliorerait la réussite scolaire des élèves !

On notera que seule l’école publique a été mise à mal, puisque les écoles privées et confessionnelles ont été exemptées de cette réforme. Mieux, elles ont fait du maintien de la semaine de quatre jours un argument de promotion et elles ont vu leurs effectifs augmenter.

Si cette réforme avait été utile et indispensable, comment imaginer que le président de la République et ses ministres successifs aient décidé d’en exclure les élèves de l’école privée ?

Aujourd’hui, dans notre département, une majorité importante de parents et d’enseignants veulent revenir à la semaine de quatre jours. Des conseils d’école se prononcent dans ce sens. Des collectivités locales aussi. Madame la Préfète, il faut que ça aille vite.
Dès le décret publié, (il vient d’être voté au Conseil Technique Ministériel), engagez les services de l’Etat à tout mettre en œuvre pour permettre le retour à la semaine de quatre jours, dès la rentrée 2017 lorsque c’est possible. Tout frein ou toute opposition seraient incompris et ne manqueraient pas de soulever la colère.

Deuxième proposition du ministre de l’éducation nationale, proposition très médiatisée : le dédoublement des CP.

Le ministre veut dédoubler les classes de CP à 12 élèves maximum dans les réseaux d’éducation prioritaire (REP). Il dit qu’à 12 élèves par classe on apprend mieux au CP en REP.
C’est valable pour les élèves de CP en zone prioritaire comme partout ailleurs. Rappelons que trois quarts des élèves en situation sociale défavorisée sont scolarisés hors REP.
C’est valable pour les élèves de CP, mais c’est valable aussi pour les élèves des autres niveaux. Cela valide nos revendications constantes pour abaisser les effectifs par classe (cf. document distribué par la FSU).

Baisser significativement le nombre d’élèves par classe est une condition indispensable. C’est donc en nous appuyant sur la parole du ministre que nous renouvelons notre demande d’un abaissement des seuils de fermeture de classe dans notre département, tout particulièrement pour la grille concernant les écoles maternelles dont les seuils sont archaïques et injustes.

Car si 12 élèves est un bon effectif pour apprendre en CP, comment imaginer que 29 à 32 élèves par classe en Grande Section de maternelle - 29 et 32, ce sont les seuils d’ouverture et de fermeture de classe maternelle en Haute-Saône - comment imaginer que 29 à 32 élèves par classe de Grande Section sont de bonnes conditions pour bien apprendre et pour préparer le CP ?

D’après l’OCDE, la France est l’un des pays développés dont les classes primaires sont les plus chargées et le taux d’encadrement le plus mauvais.

Ça ne va pas changer de sitôt, car l’ambition du ministre pour réduire les CP à 12 élèves est très limitée. Pour la rentrée 2017, cette mesure est réservée aux écoles qui appartiennent à un Réseau d’Education Prioritaire "REP +". Il y a environ 55 000 élèves de CP en "REP +" pour toute la France. Rapportés à l’ensemble des 6 805 000 élèves scolarisés dans l’école primaire publique, donc, seuls 0,8 % des élèves seront concernés par la mesure. Ce qui en réduit considérablement les effets dans la lutte contre l’échec scolaire dans l’école publique.

Peut-être moins encore, puisque le ministre réduit de moitié le dispositif pour la rentrée 2017.

Pour la Haute Saône, ce sera 0 % des élèves concernés.
Il n’y a pas de "REP +" dans notre département. Il faut dire que les zones concernées par le label "Education Prioritaire" se sont réduites comme peau de chagrin au cours des réformes successives conjuguant effets d’annonce et limitation des moyens consacrés aux élèves en difficulté scolaire. Tout cela, alors que le tissu social dans ces secteurs continuait à se dégrader, que la difficulté scolaire était bien loin d’être réduite.
Dans notre département, la sortie de l’éducation prioritaire s’est systématiquement traduite par des fermetures de classes, par une augmentation du nombre d’élèves par classe et souvent par un recul de la scolarisation des élèves de moins de trois ans.

Si le dédoublement des CP à partir de 12 élèves était étendu aux Réseaux d’Education Prioritaire "REP" pour la rentrée 2018 (on en entend parler), cela concernerait moins de 1 % des élèves de Haute-Saône.

Affichage, poudre de perlimpinpin : globalement ça ne changera rien pour l’immense majorité des élèves de France et de Haute-Saône.

Ajoutons ici que le dédoublement des CP (ou la mise en place de deux maîtres par CP lorsque les locaux ne permettent pas l’ouverture d’une classe supplémentaire) se fait actuellement dans de très mauvaises conditions.

La création d’emplois d’enseignants est indispensable pour que cette mesure se mette en place dans des conditions acceptables pour les élèves de toutes les classes, de tous les niveaux. Le ministre avait promis 5 000 emplois supplémentaires, ils ne sont pas là.
Donc, les départements, qui appliquent cette mesure aujourd’hui, le font en pénalisant les élèves des autres niveaux. Les effectifs augmentent dans les autres classes. Les postes attribués à des dispositifs d’aide pédagogique (plus de maîtres que de classes et rased) sont réquisitionnés. Et dans certains départements (le Doubs par exemple) les seuils d’ouverture / fermeture de classes ont été durcis.

L’année prochaine, quand les CP en REP de Haute-Saône seront concernés (moins de 1% des élèves du département rappelons-le), nous vous appelons, madame la Préfète, madame la Directrice Académique, à demander les moyens nécessaires au ministère et à prendre toutes les précautions pour que cette mesure ne pénalise pas les élèves des autres classes, les élèves des autres écoles, les élèves en difficulté.

Troisième annonce, enfin, encore très imprécise, de notre nouveau ministre de l’Education Nationale. Elle concerne l’autonomie des établissements.

Nos craintes, à ce sujet, sont importantes.
Nous ne pensons pas que l’autonomie dont parle le ministre soit l’autonomie que nous appelons de nos vœux, l’autonomie protectrice des enseignants dans l’exercice d’une transmission des savoirs aux fins d’une formation de futurs citoyens critiques.
Nous craignons, au contraire, sa remise en cause par une autonomie libérale au profit des structures dirigeantes locales avec recrutement des équipes enseignantes sur la base de "projets" par des proviseurs, des principaux et des directeurs d’école promus au rang de DRH.
Avec les risques de caporalisation qui en découleraient.

Nos craintes sont importantes, aussi, concernant l’avenir de nos élèves.
Des établissements autonomes, dont l’enseignement serait déterminé par des projets locaux, ne seraient plus l’école de la République. Tous les élèves ne recevraient plus le même enseignement. Des logiques de bassin et de territoire s’imposeraient, bien plus puissamment qu’aujourd’hui, enfermant nos élèves dans des spécificités locales.

Enfin, nous sommes opposés à toute concurrence entre établissements, à toute mesure qui vise à enfermer l’Ecole dans son territoire. A faire ici, une école riche et là, une école pauvre.
Nous y sommes opposés par pragmatisme, la ruralité de la Haute-Saône, son éloignement des métropoles et des grands axes de circulation, nous mettent dans le camp des perdants.
Nous y sommes opposés par principe, le rôle et la grandeur du Service Public d’Education sont de combattre les inégalités sociales, les inégalités de richesse entre territoires et de donner à chaque élève de la République une éducation de qualité.

Nous invitons ceux qui voudraient nous taxer d’archaïsme et d’immobilisme, tous ceux qui voient en l’autonomie des établissements la solution pour l’école, à se pencher sur la réforme extrêmement libérale engagée en Suède il y a une vingtaine d’années.
Le chèque éducation avec le libre choix parental, l’autonomie totale laissée aux écoles, le management local, la toute puissance du chef d’établissement, tout cela a été expérimenté en Suède et a échoué.
Aujourd’hui, l’OCDE pointe le faible niveau de compétences des élèves suédois et la baisse régulière des performances en compréhension de l’écrit, en maths et en sciences. L’OCDE observe l’émiettement du système de formation des enseignants, le faible niveau du statut social des enseignants, le manque de clarté dans l’administration de l’Ecole et dans ses objectifs. Toutes ces critiques portées par l’OCDE doivent nous mettre en garde contre toute tentation libérale.

Pour que l’école primaire fonctionne bien : il faut que notre pays s’en donne les moyens.

La France dépense pour ses élèves 15 % de moins que la moyenne des pays de l’OCDE et 30 % de moins que la moyenne des pays comparables au nôtre.

Il manque 6 milliards au budget de l’Education Nationale pour atteindre la moyenne des 11 pays les plus développés de l’OCDE.

A défaut d’un effort de cette ampleur, nous pouvons craindre que le poids de l’origine sociale d’un élève sur ses performances scolaires reste bien plus marqué en France que dans les autres pays et que l’écart de réussite entre les plus forts et les plus faibles continue, encore, à se creuser.

Ce choix d’investir pour la réussite des élèves, la France, 5ème puissance mondiale, en a les moyens. Rappelons que 60 à 80 milliards d’euros d’évasion fiscale échappent à la France. Alors 6 milliards pour nos élèves, c’est possible.

 

11 visiteurs en ce moment

*Top

SNUipp 70 Adresse : 3 impasse St Vincent 70000 Vesoul
Tel/Fax : 03 84 75 34 53 Mel : snu70@snuipp.fr
©Copyright 2006 - SNUipp-FSU 70 - Haute-Saône , tous droits réservés.