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Situations d’urgence dans les écoles : quelles solutions ?

vendredi 18 octobre 2019

Cette année, nombre d’écoles nous ont alertés à cause d’élèves présentant des troubles du comportement tels qu’ils déstabilisent et fragilisent l’enseignant de la classe concernée mais aussi toute l’équipe, ainsi que les autres élèves.

DES SITUATIONS EXPLOSIVES

Le SNUipp a connaissance à ce jour d’une dizaine de situations difficiles, mais nous savons qu’il en existe bien d’autres. Quand ces écoles nous alertent, elles alertent aussi leur IEN, ou l’ont parfois déjà fait, mais les solutions proposées ne sont pas à la hauteur des réponses attendues par les équipes en souffrance. Nous avons dressé un "portrait" de ces situations qui, si chaque enfant est particulier, ont souvent les mêmes caractéristiques.

Troubles observés chez ces élèves ayant un comportement inadapté :

  • états de « crises » fréquents
  • violence physique (envers les autres enfants, les adultes ou bien lui-même)
  • violence verbale (insultes…)
  • tentative de s’enfuir, d’échapper à l’adulte
  • souvent, enfants déjà en partie pris en charge (psychologues, Hôpital, hôpital de jour, CMP, CMPP, ITEP…), parfois AESH qui ne peuvent gérer la situation.

Ce qui ressort des courriers des collègues aux IEN, ou des conversations téléphoniques :

  • grande souffrance des autres élèves
  • souffrance des enseignants (particulièrement de la classe concernée, mais aussi de l’équipe)
  • plus d’enseignement possible dans la classe
  • l’enseignant tient à jour un carnet dans lequel il note tous les faits de l’élève
  • crédibilité des enseignants mise en péril face aux autres élèves (les plus agités)
  • inquiétude des autres parents face à ces comportements inquiétants

Solutions déjà testées :

  • dialogue avec la famille, multiples rencontres
  • espace spécifique à l’élève dans la classe, sorte de « sas » pour qu’il se calme, aménagement d’emploi du temps ou de scolarité.
  • parfois intervention d’un PDMQDC, des conseillers pédagogiques, de l’IEN

Solutions proposées par la DSDEN : Un protocole de crise peut être mis en place ; diverses modalités peuvent être proposées aux équipes :

  • visite du CPC, propositions d’aménagements pour gérer les crises : aménagement d’un « emploi du temps » de l’élève dans l’urgence de la crise afin qu’il soit pris en charge par plusieurs enseignants dans leur classe au cours de la journée (mais cela peut avoir pour effet d’aggraver la situation et de décupler les problèmes de comportement).
  • créer un espace "sas" pour que l’élève puisse s’y calmer.
  • intervention du RASED pour travailler avec l’élève sur la gestion de ces situations de crise.
  • équipe éducative Margé tout, les écoles qui nous alertent ont déjà souvent testé ces solutions qui n’ont pas toujours résolu les problèmes.

Solutions à envisager pour le SNUipp :

Au niveau de la DSDEN :

  • un « + de maitre » pendant un temps pour aider les collègues à faire face
  • des journées de formation par un conseiller pédagogique ASH pour ces collègues en demande d’aide
  • une accélération des demandes d’aide grâce à l’IEN auprès de la MDPH, du CMPP et des services sociaux
  • un appui de l’IEN face aux familles réticentes à un placement, une présence de l’IEN aux côtés des enseignants lors des équipes éducatives, un appui pour obtenir une place dans une structure adaptée.

Au niveau des enseignants :

  • Au quotidien, chaque incident au sein de la classe ou de l’école sera rapporté au directeur•trice qui pourra le transmettre par écrit à l’IEN : un mél de quelques lignes suffit. Il s’agit d’alerter, afin de prévenir une éventuelle aggravation de la situation. Cela pourra être fait de manière quotidienne si nécessaire ; afin de montrer la fréquence des incidents et le poids que cela représente sur les équipes enseignantes.
  • Il est parfois compliqué lorsqu’on subit de manière répétée des gestions de crise, d’alerter chaque fois son équipe et/ou son IEN. Les enseignants sont souvent tentés de gérer seuls et d’encaisser seuls les conséquences de ces fortes tensions. Quelquefois jusqu’au « craquage »… Afin de prévenir cela, l’important est de ne pas rester isolé. Les équipes doivent pouvoir faire face ensemble à ces situations. Les solutions doivent pouvoir être élaborées collectivement.
  • Si vous ne subissez pas directement la gestion de crise mais que vous constatez qu’un•e collègue subit seul•e ces situations et semble être en souffrance, vous devez alerter l’équipe éducative.
  • Si vous sentez que ce n’est plus tenable, que les conditions normales d’exercice de votre métier ne sont pas réunies, un mail au secrétaire départemental du CHSCT (comité d’hygiène et sécurité) qui est un élu du personnel SNUipp-FSU : secretaire.chsct70@ac-besancon.fr

La compétence des CHSCT porte aussi bien sur l’organisation du travail (charge, rythme, pénibilité) que sur l’environnement physique du travail (bruit, température, poussière…), le temps et les horaires de travail, l’aménagement des postes de travail et l’impact des nouvelles technologies sur les conditions de travail. Pour pouvoir remplir son rôle, le CHSCT doit être informé de tout ce qui peut affecter les conditions de travail et la santé des travailleurs. Vous trouverez la fiche d’incident au format.doc, à remplir et envoyer au CHSCT (mail ci-dessus) Fiche d’incident au format .doc :

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  • un courrier au Dr Baverel, médecin des personnels : ce.sante@ac-besancon.fr Tél. secrétariat : 03 81 65 49 01

Barrières rencontrées :

  • les familles (parfois) opposées à un placement, ou peu consciente de l’importance des difficultés de leur enfant.
  • les IEN (parfois) qui ne semblent pas prendre la mesure de la gravité de la situation ou qui ne s’adressent pas aux enseignants de façon bienveillante.
  • les structures d’accueil en nombre insuffisant et avec un nombre de places trop restreint.
  • les structures d’aide : le CMPP est un organisme qui a plus d’un an et demi de délai d’attente, avec une liste d’attente énorme et fermée à ce jour, une organisation compliquée (les prises en charges dépendent des bilans effectués et de leurs résultats sont souvent longs à obtenir, elles sont effectuées par des personnes différentes d’une semaine à l’autre) et une efficacité du coup limitée.
  • une complexité des dossier PPS à monter pour la MDPH (réunir les bilans des divers partenaires plus signature des parents…) et délais de traitement à la MDPH trop longs.
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