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22 octobre 2009

Enseignement des langues vivantes dans le primaire : D’abord et surtout du chiffre ! Quid de la qualité…

L’Éducation Nationale est soumise à deux injonctions contradictoires :

- D’une part, l’enseignement des langues vivantes au primaire défi-ni comme une priorité nationale.
Les français sont les « mauvais » élèves en langues étrangères, alors il faut s’y mettre. Les objectifs mettent la barre haute : tous les élè-ves de CE2, CM1 et CM2 doivent rece-voir l’enseignement d’une langue. Bientôt ce seront les élèves de CE1. Une certification en fin de primaire doit sanctionner un niveau A1 pour tous les élèves entrant au collège.

- D’autre part, l’exigence sarkozienne de faire des « économies ».
Le budget de l’Éduca-tion Nationale est frappé par de nom-breuses suppressions d’emplois d’enseignants et par une restriction importante des crédits de fonctionne-ment.

Les langues en primaire : victimes des « économies »

Comment supprimer des emplois d’enseignants sans fermer des classes ce qui provoque d’importantes réactions de parents et d’élus ?

Les suppressions portent principalement sur ce qui est moins visible : entre autres, l’en-seignement des langues vivantes.

L’’inspectrice d’académie en Haute-Saône, comme tous ses compères au niveau national, a pour objectifs de supprimer tous les emplois de maîtres itinérants chargés de l’enseignement des langues vivantes dans les classes et de supprimer tous les crédits permettant de rémunérer les assistants étrangers et les professeurs de langue du second degré.

La solution miracle

Pour atteindre ses objectifs, tout en générali-sant quand même l’enseigne-ment des langues vivantes, une « solution mira-cle » existe : il suffit d’obliger chaque maître et chaque maîtresse à enseigner les langues vivantes dans sa propre classe.

Cependant, les réticences des ensei-gnants du premier degré sont fortes. Pour beaucoup il est inconcevable d’en-seigner une matière dans laquelle ils savent ne pas avoir les compétences nécessaires.

Les inspecteurs d’académie et les ins-pecteurs de circonscription n’ont pas ces réticences : peu importe le niveau, peu importe la qualité, le seul impératif administratif est de remplir les tableaux statistiques et de pouvoir proclamer que l’objectif quantitatif est atteint.

De fortes pressions exercées sur les enseignants

Toute une série de dispositions est mise en œuvre par l’encadrement pour contraindre les enseignants à enseigner les langues dans leur classe.

- Les postes ordinaires deviennent des postes « fléchés » langues vivantes.
Un grand nombre de classes est réservé prioritaire-ment à des maîtres enseignant les langues : la quasi totalité des postes libérés par des départs à la retraite, tous les postes nouvellement créés, tous les postes pourvus par un maître ayant une formation langue. Dans notre département, désormais, pour obtenir une mutation intéressante il est quasiment indispensable d’avoir une habilitation à l’enseignement des langues vivantes.

- L’habilitation indispensable pour pou-voir enseigner les langues vivantes dans le primaire est bradée 
15 heures d’ani-mation pédagogique suffisent désormais à préparer un maître. Ce qui en dit long sur sa valeur. Mieux, les maîtres qui commencent leur 15 heures de forma-tion doivent enseigner les langues vivan-tes par anticipation.

- Les postes de maîtres itinérants ont été supprimés,
Ils sont massivement remis dans des classes ordinaires où parfois ils n’enseignent même plus les langues ! Au mépris des efforts person-nels qu’ils ont engagé pour se former. Leur disparition contraint les équipes éducatives à trouver des solutions au sein même de l’école.

- Des contraintes considérables d’organisation de service liées à l’enseignement des langues vivantes sont imposées par l’encadrement.
Elles perturbent profondément le fonc-tionnement des écoles :
- multiplication des échanges de service (même les maîtres qui n’ensei-gnent pas les langues sont contraints de quitter deux fois par semaine leur classe), - succession de deux ou trois en-seignants différents dans une classe, - bouleversement des emplois du temps qui deviennent de vraies usines à gaz.

Pour mettre fin à ces complications, pour rester enfin dans leurs classe, les maîtres choisiront nombreux de passer une habilitation dont ils savent qu’elle leur sera donnée avec empressement par l’administration quelles que soient leurs compétences dans l’enseignement des langues.

Enseignement des langues priorité nationale : pour quels résultats ?

On peut parier que bientôt l’inspectrice d’académie de Haute-Saône pourra an-noncer triomphalement que chaque maître enseigne désormais les langues vivantes dans sa classe.

Malheureusement, compte tenu du peu d’exigence de qualité, on peut aussi pré-dire qu’en dépit de la communication mi-nistérielle sur le sujet, l’enseignement des langues vivantes en primaire n’aura pas d’impact positif sur le niveau des élèves.

Il faut souligner le profond désarroi qui s’empare de très nombreux enseignants contraints de faire des choses qu’ils savent ne pas être bénéfiques pour les élèves. Désarroi souvent accompagné d’un sentiment de déqualification profes-sionnelle.

On ne saurait sous-estimer non plus les conséquences que cela aura sur les relations des maîtres avec leur hiérar-chie de proximité (écoute, respect) alors que les enseignants voient leurs inspec-teurs exercer sans recul ni scrupule des pressions jusque là jamais imaginées pour mettre en place un fonc-tionnement contraire à l’éthique et aux exigences de l’École Publique.

 

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